Le Manifeste représente un engagement collectif des acteurs à assurer des approvisionnements de soja sans lien avec des pratiques de déforestation ni de conversion des écosystèmes.
En novembre 2018, la France a publié la Stratégie Nationale de lutte contre la Déforestation Importée (SNDI) afin de mettre fin d’ici 2030 à l’importation de produits forestiers ou agricoles non durables contribuant à la déforestation, notamment le soja.
Le soja étant présent dans les chaines d’approvisionnement à travers l’alimentation animale, de nombreux acteurs de la filière se sont mobilisés depuis deux ans pour identifier des solutions afin de contribuer à cet objectif.
Face au constat d’une déforestation/conversion au Brésil qui se poursuit à un rythme inquiétant, en particulier dans le biome du Cerrado, une réflexion partagée s’est dessinée : seule une mobilisation de tous les acteurs permettra de garantir que le soja importé n’est lié ni à la déforestation ni à la conversion d’écosystèmes naturels.
C’est ainsi que fin 2020, l’ensemble des distributeurs français s’est réuni autour d’un engagement commun pour mettre fin aux pratiques de déforestation et de conversion des écosystèmes pour la production de soja. Cet alignement s'est fait à travers la signature d'un Manifeste pour une mobilisation des acteurs français pour lutter contre la déforestation importée liée au soja.
Le Manifeste a été mis à jour fin 2022 pour guider les signataires dans la mise en œuvre des engagements. Des solutions concrètes pour gérer le risque de déforestation-conversion lié au soja ont été ajoutées.
Aussi, au-delà l’entrée en vigueur du Règlement européen contre la déforestation et la dégradation des forêts (RDUE) en juin 2023, le Manifeste demeure un engagement crucial pour l'ensemble de la filière. Il va plus loin que les exigences réglementaires en intégrant tout particulièrement la prévention de la conversion d'autres écosystèmes menacés par la production de soja, tels que le Cerrado, en plus de la déforestation.
En s’engagent au travers du Manifeste, les signataires anticipent ainsi les futures obligations réglementaires qui leur seront imposées au moment de la mise en application du texte le 30 décembre 2024.
Earthworm a été mandaté pour coordonner l’initiative auprès des signataires et veiller à l’implémentation des engagements au travers de groupes travail.
Ce Manifeste a vocation à fédérer un maximum d'acteurs (industriels, fabricants d’aliments, importateurs, pouvoirs publics…) autour des mêmes engagements, afin de faire basculer le marché vers un soja responsable, en dehors des schémas classiques de certification.
Il s'agit d'une démarche volontaire, qui se veut commune. Le principe repose sur l’adoption d’engagements communs, de critères semblables, ensuite cascadés en amont des chaînes de valeur jusqu’au lieu de production du soja.
On entend par « soja responsable » un soja qui respecte les attentes de la SNDI, i.e. dont le contrôle physique permet de garantir que le soja importé n’est pas lié à des pratiques légales ou illégales de déforestation et de conversion, sur la base de la date butoir du 1er janvier 2020 au plus tard.
La méthodologie ZDC (Zéro Déforestation ni Conversion), méthodologie développée par Earthworm et reconnue par les signataires du Manifeste, permet par exemple d’importer sur le territoire du soja respectant les attentes de la SNDI.
Par ailleurs, la plateforme SNDI a publié un tableau de bord d’évaluation des risques de déforestation liés aux importations françaises de soja. Cet outil permet de vérifier l’exposition au risque du soja présent dans les chaînes d’approvisionnement des acteurs du marché.
Enfin, cette démarche a vocation à s’étendre au niveau européen : nous dialoguons et encourageons les autres pays européens à développer une initiative similaire au Manifeste, basé sur les mêmes engagements et des outils équivalents pour que l’impact s’applique à l’ensemble des importations de soja de l’Union Européenne, et pas seulement à la France.
Les principaux engagements, communs à tous les maillons, sont les suivants :
Soutenu par le Ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, le Manifeste Soja a été rejoint par de nombreuses entreprises qui ont ainsi décidé de soutenir l’initiative en le signant.
La diversité des signataires, ainsi que le nombre de soutiens, permettent de garantir l’opérationnalisation des engagements tout au long de la chaîne d’approvisionnement.
À date, 30 entreprises et ONG sont signataires du Manifeste Soja.
17 industriels
9 distributeurs
Fabricants d’alimentation animale
3 ONG
Earthworm Foundation
Les signataires sont encouragés à davantage communiquer leurs engagements, construire une politique et un plan d’action associé à ces engagements, mobiliser l’ensemble des acteurs de la chaîne de valeur et soutenir un import de soja garanti sans lien avec la déforestation et la conversion.
Actions menées (via le groupe de travail dédié ou individuellement) :
En 2025, 2 millions de tonnes de soja importées en France ont été vérifiées comme étant « zéro déforestation et zéro conversion » selon la méthodologie ZDC. Cela correspond à :
Ces projets démontrent que la méthodologie ZDC est une approche déployable et opérationnelle, permettant de vérifier la conformité des flux physiques de soja importé avec les exigences du manifeste.
Réduire la dépendance au soja importé commence avec le soutien de protéines locales alternatives. Le projet Protéi'Sol répond aux défis critiques de la production de protéagineux et vise à reconnecter les systèmes de production végétale et animale au niveau territorial dans les Hauts-de-France.
Pour toute question sur le Manifeste, veuillez contacter Earthworm France au +33 3 20 31 63 39, ou la coordinatrice du projet Jeanne Delor : j.delor@earthworm.org